Que voilà une journée particulière. D'abord, la suite du feuilleton qui nous a tenu en haleine jusque tard dans la soirée. Souvenez-vous, je vous avais laissé avec une 203 récalcitrante, bloquée sur le parking des Écoles de Vénézobres. Ne me demandez pas où ça se situe, c'est quelque part à près d'une heure trente du Grau-du-Roi. Mais l'endroit a l'air fort sympathique et accueillant parce que nos amis ont très vite été soutenus par le maire du village, qui a fait venir le mari de sa première adjointe, ancien garagiste Renault. Lequel, sur place, a confirmé le diagnostic que nous redoutions. Une soupape grillée, ou un siège de soupape décollé et cassé, ou peut-être pire car deux bougies sont dans un sale état. Bref, pas question de repartir. Vue l'heure tardive, il n'y avait vraiment qu'une solution viable : abandonner cet équipage à son sort et attendre demain. C'est vrai, après tout, nous n'avons pas d'assistance sur le rallye. Mais vous nous connaissez, surtout le Didier. N'écoutant que son gros cœur, il a entraîné Benoît qui, lui aussi, a du cœur, dans un baroud comme ils les aiment. Le temps de sauter dans le camion vert et ils sont partis alors que la nuit tombait et que nous entamions le briefing. Autant vous dire qu'ils sont revenus très tard, fatigués mais souriants. C'était à prévoir : il n'y a pas d'assistance, mais les assistants sont cachés dans des autos de touristes. Et il y a eu du monde pour préparer un dîner improvisé, éclairé, comme il se devait,... à la bougie !

Tandis que nous faisons le briefing, sur un plateau, le camion vert est parti chercher les Dupon et leur voiture.

Agnès, Didier et Benoît avec la 203 sur le camion vert. La nuit est déjà tombée...

À leur arrivée, un repas très arrosé les attendait !

Et voilà, la 203 est revenue au Grau-du-Roi.

Heureusement que l'Ascona est un cabriolet. La porte, côté passager, est boquée ! Mimi doit donc grimper pour rentrer dedans !


Du coup, ce matin, on ne les a pas vus au petit-déjeuner et je les imagine avec de petits yeux au réveil, la bouche pâteuse. Pas plus d'ailleurs que certains qui avaient décidé de ne pas faire grand-chose de leur journée ou, tout au contraire, d'aller jusqu'à Saint-Rémy-de-Provence pour dépenser des sous en faisant les boutiques. La majorité a cependant suivi le road-book pour se rendre aux Baux-de-Provence et en profiter pour admirer le spectacle proposé par la Carrière des Lumières, une immersion dans les œuvres de Picasso et de Frida Kahlo dans ces fameuses carrières. Un moment hors du temps, magique et que certains ont prolongé deux séances supplémentaires. Si vous passez par là, c'est vraiment un détour qui vaut le coup.

Quelques photos prises dans la Carrière des Lumières, du Picasso et du Frida Kahlo en immersion totale. Magique !









Bon, je vous en parle de l'escroquerie du jour ? D'un parking à 3 euros pour une heure alors que le moulin qui a, soi-disant, inspiré Alphonse Daudet pour ses Lettres de mon moulin, est fermé pour travaux ? On ne peut même pas s'en approcher...
Mais, je vous l'ai dit, cette journée est spéciale. Pour nous. Pour moi et pour beaucoup de participants, parce que notre ami Michel Tromeur a été incinéré ce matin, entouré de toute sa famille, en Bretagne. Ce qui explique que vous ne voyiez pas Daniel et Sylviane (Michel est son frère) sur les photos. Ils ont dû repartir dans l'urgence.

Ça nous fait tout drôle d'imaginer que Mich' (oui, c'est comme ça qu'on l'appelle — je ne peux pas me résoudre à parler de lui au passé) ne nous régalera plus de ses réflexions et aphorismes dont il avait le secret, de cette voix chaude et profonde qu'il avait cultivée des années durant en fumant comme l'Etna le fait depuis des millénaires. Je me souviens de conversations à hurler de rire avec lui, sérieux comme un pape, nous sortant des énormités avec un sérieux tel qu'il nous scotchait. Et je ne parle pas des pannes improbables dont il a été victime et la mauvaise foi dont il faisait alors preuve. Mais on ne pouvait lui en vouloir, tant il était le premier à se mettre en quatre pour vous rendre service ou vous soutenir quand ça allait moins bien. C'est un gars sur lequel on peut compter et d'ailleurs, je m'empresse de lui rappeler de continuer à nous surveiller de près, maintenant qu'il a une vue un peu plus dégagée sur notre groupe. Veille sur nous, Mich'. Moi, j'ai pensé à toi toute la journée, me me demandant quelle connerie tu nous aurais inventée pour nous faire rire. Mais j'étais trop triste pour en trouver une. So long, Mich' et bonne route.
PS. : n'oublie pas de faire le plein d'essence, comme en Turquie, hein ? Je t'embrasse fort, mon Mich' et nous tous aussi.