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Jour 7 - Les derniers feux du Léman

Ultime journée découverte de cette belle région d'Evian. Une nouvelle fois, nous avions rendez-vous avec la Suisse toute proprette, dans laquelle tout est rangé avec soin, où l'on ne supporte pas le moindre papier sale ou la poubelle qui déborde. C'est net, précis, sans bavure. Bref, on pratique ici l'inverse de ce que nous, Français, avons érigé en sport national, le “j'm'en foutisme”, “tout pour ma gueule”, “après moi l'déluge”, “j'suis crade et alors ?” et toutes ces incivilités qui, à force de s'accumuler, transforment le peuple des lumières en horde des cavernes... Mais foin de philosophie. Déroulons le programme de cette journée que nos collègues avaient déjà testée la veille.

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C'était à notre tour de se poser à Saint-Gingolph, ce village traversé par la frontière franco-suisse qui présente la particularité d'avoir deux mairies, deux églises, mais un seul cimetière. Ce qui, pendant la Seconde Guerre mondiale ne manquait pas de cocasserie parce que les Allemands ne pouvant s'opposer aux enterrements côté Français, avaient autorisé la proche famille à assister à l'inhumation. Or, figurez-vous que les familles Saint-Gingolphoises étaient extrêmement nombreuses, frileuses et dotées d'un embonpoint aux formes étranges. Manière de dissimuler saucissons, jambons et autres fromages qui passaient ainsi la frontière, sous le nez des Allemands, pour nourrir le marché noir de l'autre côté. Il se dit même que certains des décédés pesaient trois à quatre fois plus lourds morts que de leur vivant ! Allez savoir pourquoi.

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Les marchandises s'entassaient sur le mont de navires aux flancs très évasés...

Pour notre part, nous avions rendez-vous avec Claude Martenet pour visiter le Musée des Traditions et des barques du Léman. L'occasion de découvrir l'évolution de la navigation sur le lac des origines à aujourd'hui ou presque. Les nombreuses maquettes, tout autant que les explications de nos guides, ont permis de comprendre la particularité de ces barques aux flancs particulièrement évasés et aux voiles latines empruntées à la tartane méditerranéenne (un ou plusieurs mats sur lequel s'articule une voile latine gréée sur une ou deux vergues suivant leur longueur). Ce qui n'a rien de surprenant lorsqu'on apprend que ce sont les Génois qui ont appris aux riverains du Léman à construire des bateaux essentiellement destinés à transporter des marchandises en pratiquant le cabotage de port en port.

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On voit bien le mat sur lequel s'articule la vergue portant la voile latine.

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Les vapeurs ont ensuite pris le relais...

Au passage, nous avons appris que l'expression “Il n'y a pas le feu au Lac” serait originaire du Léman. Elle se réfère aux fours à chaux qui bordaient les rives et dont les feux poussés à leur paroxysme servaient de points de repères aux marins lorsqu'ils rentraient au port, le soir venu... Tant qu'on ne les voyait pas, on avait donc largement le temps de rentrer. Dès qu'on les apercevait, il valait mieux forcer l'allure...

Lorsque le chemin de fer s'est avéré plus pratique et plus rapide pour livrer les marchandises, ces bateaux de frêt ont disparu, remplacés par des navires à vapeur qui promenaient les touristes et ceux qui voulaient traverser plus rapidement le lac. Plusieurs compagnies se sont disputées ce privilège avant de disparaître et d'être remplacées par la CGN qui assure toujours des liaisons inter-communes.

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Dans ce même musée, nous avons ensuite découvert la renaissance de la Perle du Léman, une production locale faite à partir d'une nacre issue des écailles de perche. Un process que l'on nous a garanti 100 % écologique, par opposition à la perle de culture qui, elle, est à 99,99 % anti-écologique. Le secret de fabrication est bien gardé mais le résultat est à s'y méprendre, la guanine se trouvant sous la peau des écailles permettant de créer un revêtement imitant la nacre d'une perle fine, la couleur étant donnée par la réflexion de la lumière à travers la couche d'un produit au nom trop savant pour être compris qui enrobe le morceau d'émail trempé dans la guanine. Jean-Loïc Selo a tenté de nous expliquer ce process, mais il faut bien avouer que nos compagnes ont très largement préféré filer à la boutique pour les essayer et en acheter de belles quantités !

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Quelques trésors du musée automobile de la fondation Gianadda.

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Une partie de la production suisse...

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La plus étrange, une... Turricum de 1910, dotée d'un 4 cylindres de 1943 cc.

Après cette matinée culturelle, et un passage chez Monmon, un restaurant dans lequel on déguste d'excellents filets de perche du Lac (et pas de Lac comme dans certaines gargottes), nous avons filé à Martigny, à la fondation Pierre Gianadda. Au départ pour découvrir sa fabuleuse collection de voitures antérieures à 1939, centrée en grande partie sur la production helvétique (Sigma, Martini, Maximag, Pic-Pic, Zedel, Stella, Turicum, etc.). Et puis, nous avons découvert une exposition de peinture dédiée au peintre suisse Albert Anker, grand spécialiste de scènes de vie quotidienne et grand portraitistes d'enfants. Son sens du détail, la précision de son trait, son travail sur la lumière sont tout simplement fascinants. Et c'est donc les yeux remplis d'émotion que nous avons achevé notre périple lémanique.

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La vente aux enchères, huile sur toile d'Albert Anker (1831-1910).

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La leçon d'écriture...

D'aucuns vous diront que ce fut un grand cru. Vous pourrez les croire sans paroles car il n'y a pas que de l'eau à goûter par ici...

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Sur la route du retour, nous sommes tombés sur un nid de Peugeot 205. Elles appartiennent toutes à un collectionneur privé...


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