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Jour 1 - Château de Ripaille

Notre AG annuelle est toujours un événement. Cette année encore plus, sans doute, que les autres parce que, figurez-vous que nous avons choisi une ville d'eaux comme terrain de jeu. Que nous sommes taquins ! Surtout lorsqu'on connaît la propension de nos adhérents à préférer la bonne vieille bibine millésimée aux breuvages estampillés meilleurs pour la santé, fussent-ils recommandés par la faculté. Nos artères préfèrent voir circuler en leur sein un liquide ambré ou délicatement issu de la lente fermentation du raisin. Evian-les-Bains ! Certains ont cru à une bonne blague. Que nenni ! Nous pratiquons l'art du parfait contre-pied, sans pour autant oublier que nos papilles s'achèssent (ouh là, que ce mot est compliqué) lorsqu'elles ne gouttent que de l'eau. Car, et ce ne sera pas une surprise pour les locaux, la Savoie produit d'excellents crus à la couleur ambrée qui raviront les plus délicats des palais.

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La SM des Guillemin sur l'autoroute...

En attendant, se rendre dans une ville d'eaux se mérite. Nous avons eu droit à un véritable déluge sur la route, les suites de la tempête Nelson qui, après s'être déchaînée sur nos côtes, s'est mise à balayer nos pare-brises et à gifler nos voitures dans notre pénible avancée vers Evian. Heureusement, passé Mâcon, Nelson a faibli et la pluie nous a abandonnée. C'est le moment que nous avons choisi pour doubler sans vergogne les Guillemin avec leur SM, pour rallier au plus vite Thonon-les-Bains.

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Didier Bovard devant “My Way”, son hydrocycle avec lequel il a déjà traversé trois fois l'Atlantique !

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Thonon-les-Bains et son petit port.

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Le soleil étant revenu, Bill et Daniel refont le monde...

Avant d'y déjeuner, nous avons fait la connaissance d'un délicieux hurluberlu comme nous les adorons. Didier Bovard, l'inventeur de l'hydrocycle. Un drôle d'engin (le My Way) avec lequel il a traversé trois fois l'Atlantique en pédalant, a relié deux fois le Portugal aux Canaries, traversé le Golfe du Mexique et trois fois la mer du Labrador (Groënland) et fait le tour du lac du Léman en pédalant sous l'eau ! Le gars est extrêmement sympathique, et il s'apprête à emmener son engin au Loch Ness pour descendre la rivière qui mène jusqu'au château d'Urquhart. Il raconte ses aventures à des classes de primaire ou de collège, espérant déclencher quelques vocations. Si vous êtes intéressé, n'hésitez pas, contactez-le : didierbovard@sfr.fr

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La belle Volvo P-544 de nos amis rémois, les Latuilerie.

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Arrivée des Moumoune en 404.

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Les deux "rouges" inséparables : la Samba des Le Bail et la 205 de Jean-Louis Loubet.

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Il en est le tout premier surpris, Alain Bour n'est pas à la... bourre !

Nous nous sommes ensuite retrouvés au Château de Ripaille. Ce haut-lieu de l'histoire de la Haute-Savoie abrite une bâtisse dont la première pierre a été posée en 1434 par le premier duc de Savoie, Amédée VIII, qui fut... pape. Elle avait alors sept tours (aujourd'hui, il n'en reste plus que quatre) et elle avait été conçue pour accueillir les Grands de cette époque qui souhaitaient profiter d'une retraite religieuse afin de racheter une partie de leurs péchés, fort nombreux comme on l'imagine sans peine. Après la Révolution, devenu bien national, le château de Ripaille a été vendu au général Dupas qui s'y reposa de ses guerres napoléoniennes, offrant du vin de Ripaille à ses anciens compagnons d'armes. Ce n'est pourtant pas de cette époque que date l'expression « faire ripaille », synonyme de « s'en mettre plein la panse jusqu'à se faire péter la sous-ventrière », même s'il l'a remise au goût du jour. C'est en effet à l'un des ducs de Savoie, dévasté par la mort de sa femme en 1585, qu'on la doit, le brave homme ayant alors décidé de faire vœu de chasteté tout en organisant, dans le château de Ripaille, nombre de festins et banquets où les mets étaient si abondants et si riches que l'on ne parlait plus de manger ou de boire, mais simplement de faire Ripaille, jusqu'à tomber raide de satiété.  

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Visite du château de Ripaille.

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Et on ne pouvait pas finir la visite du château sans visiter ses anciennes caves !

Tombé en ruines à la fin du XIXe siècle, le site de Ripaille a été restauré par Frédéric Angel-Gros, un riche industriel, grand amateur d'art, qui combine avec brio style médiéval et Art nouveau, tendance alors très en vogue en Angleterre sous le nom de Arts and Crafts et en Allemagne sous celui de Jugendstil. Nous aurons eu droit à une visite guidée étonnante et pleine de surprises de ce lieu entouré de 22 hectares de vignes, exploitées depuis le Moyen-Age par les chanoines de Saint-Augustin puis par les Chartreux, et aujourd'hui par la famille Necker, popriétaire actuelle du château. On y produit un vin blanc de Savoie exporté dans le monde entier.

Quand on vous dit que, même dans une ville d'eaux, on peut rassasier ses papilles ! Allez, je vous laisse, il y a un apéro de bienvenue de prévu avant la dégustation d'une spécialité locale, la saucisse Diot associée à la de polenta... avec sauce au vin blanc... Evian, ville d'eaux ?


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