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Adriatica 2 - Etape 09 : Budva / Ulcinj / Budva

Qui a dit qu'il fallait respecter le road-book ? Aujourd'hui, dans la mesure où nous avions prévu une boucle via Ulcinj et le lac de Skadar avec retour sur Budva, certains ont préféré jouer les électrons libres. Les Kilburg en ont profité pour visiter Kotor, Baudouin pour faire un tour sur Budva et sa vieille ville, Philippe Aujaud et Mary Crouzil pour faire laver leur Mercedes pour 4 euros, intérieur et extérieur ( !), avant d'aller se baigner à Bar, les Brunel pour visiter un site archéologique et déjeuner dans un restaurant local et déguster un somptueux Baklava (on appelle ça un étouffe chrétient et il vaut mieux éviter de comptabiliser les calories)... Il ne fallait cependant pas manquer la superbe vue sur la non moins magnifique île de Stevi Stefan, aujourd'hui propriété d'émirs qui en ont fait un lieu de villégiature 123 étoiles à 1.000 dollars la nuit. Juste à 5 kilomètres de notre hôtel. Les émirs sont d'ailleurs partout : ils ont récemment acquis une grande partie des 14 km de plages de sable au sud de Cetinje, pour 30 à 35 ans. Ils vont y construire des hôtels, des résidences pour milliardaires, et tout le toutim. Ca va être du béton, du béton et du béton... Pas glop.
La grande majorité a cependant suivi, en grande partie, le trajet prévu. Avec une arrivée sur Ulcinj, la plus grande ville au sud du Monténégro, à travers des oliveraies entretenues avec soin. Et visite de la vieille ville. On a beau être dimanche, on travaille comme en semaine. Contrairement à une idée reçue que le monténégrain entretient avec soin, on n'est pas fainéant dans ce pays. Pour survivre, on doit même souvent cumuler deux emplois. Ce n'est, en effet, pas le travail qui manque, mais la main d'œuvre, et il n'est pas rare de croiser des Macédoniens apporter leur savoir-faire au bâtiment. C'est ainsi que les Deprez ont fait la connaissance d'Athanasov Ljupce, qui leur a offert un drapeau de son pays. La veille, ils l'avaient pris en photo dans leur voiture et, pour les remercier, il est venu leur faire ce petit cadeau. Ce gars-là est à 650 km de chez lui, il est payé trois queues de cerises, mais des cerises bien plus importantes que chez lui. Pourtant, le salaire moyen est faible. On se demande même comment ils font pour s'en sortir. En discutant avec une caissière, elle nous a expliqué faire 70 heures par semaine pour 500 euros. « Un gros salaire pour le pays ». Le problème, c'est que le coût de la vie est ici très proche de celui que nous connaissons, même si la nourriture reste encore raisonnable et même si de nombreux produits sont peu taxés (les cigarettes par exemple, mais ça ce n'est pas forcément un signe de progrès). Une des femmes de ménage de l'hôtel dans lequel nous sommes a raconté à l'un des participants qu'elle gagnait 150 euros par mois, « le prix d'une de vos nuits en pension complète » ! Car les hôtels, qu'ils soient espagnols ou à capitaux russes (la majorité) pratiquent des tarifs équivalents à ceux que nous connaissons. Sans forcément le service qui va avec. Ca ressemble bougrement à de l'exploitation, non ?

A midi, beaucoup ont écouté les conseils que nous avions donnés à mots couverts : filer sur la frontière albanaise, quinze kilomètres plus loin, pour déguster des poissons grillés au bord du fleuve. Chez Mirko ou au Barracuda. D'autres, comme nous, ont préféré rester sur Ulcinj. Nous y avons retrouvé Esma, la sœur d'Ismael qui nous accompagnait sur la première édition, et Dino, son cousin. Des retrouvailles chaleureuses, dans un petit restau qui ne l'était pas moins où nous avons dégusté un mulet grillé tout frais pêché et des calamars grillés. Un vrai bonheur.

C'est finalement assez tard que nous avons repris la route, persuadés que nous ne croiserions personne de l'après-midi, tous les petits groupes ayant, depuis longtemps, quitté Ulcinj. Grosse erreur. Avant même d'arriver au lac de Skadar, nous voyons le petit groupe mené par André Paeme arrêté sur le bord de la route. La DS d'André a le capot ouvert et nous imaginons tout de suite que son problème de la matinée (une vague surpression dans le circuit de refroidissement) vient de se reproduire. Pas du tout. Il a la mine déconfite, mais c'est parce que je viens d'arriver et que je vais encore immortaliser une panne. Celle de la 504 d'Alain Bour. 1h30 qu'il cherche la source de la panne. Plus d'alimentation d'essence. Il est en train de tester le relais lorsque nous débarquons. « La pompe à essence n'est apparemment plus alimentée ». Avec Daniel ça ne traîne pas. Il appelle le plateau qui n'est qu'à un quart d'heure devant. « Reste en stand-by, on voit si on peut réparer, autrement tu arrives et on verra le problème ce soir à l'étape ». Ca rassure tout le monde, du coup, les autres membres du groupe (André, Xavier et sa Mercedes 230SL, Jean-Pierre et sa Mercedes 280SL) décident de repartir en emmenant l'épouse d'Alain et celle de Cyril resté sur place par solidarité. Il faut moins de vingt minutes pour trouver une solution et alimenter en direct la pompe à essence avec un fil volant. Et tout le monde repart, tranquilles comme Baptiste (décidément, je l'aime bien cette expression qui ne veut rien dire, vu que je ne connais pas un seul Baptiste)...
Dans les entrelacs de virages serrés qui bordent le lac de Skadar, nous retrouvons un peu plus tard le groupe qui a préféré attendre ses compagnons d'infortune. A l'heure qu'il est, tout le monde est rentré au bercail et ça mécanique fort. Déjà, ce matin, Marc Morgat était passé entre les mains de l'assistance pour changer sa courroie de pompe HP sur sa DS. Il était plus que temps. Ce soir, c'est donc la Mercedes d'Alain qui se fait tripoter les entrailles. Aux côtés de la voiture de Daniel dont la 403 fume anormalement blanc. Il est le nez sous le capot, vérifiant allumage et carburation. Pas d'inquiétude, j'ai fait une partie du parcours avec lui, elle marche comme un avion de chasse... Avec une petite révision à mi-parcours, ça devrait le faire.

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