Je vous fais un deux en un. On pourrait presque dire un quatre en un, vu que la traversée, je vous la zappe (il ne s’est rien passé de notable, mer calme, soleil, farniente, lecture, blablabla, apéros, le toutim habituel). Le bateau ? Impeccable. Les horaires ? Respectés ? Le débarquement ? Une formalité. La douane ? Quelle douane ? Rien à voir avec ce que nous avions vécu en 2005, les heures interminables passées sur le quai à attendre que la police et la douane œuvrent en ordre dispersé, avec Claire courant en tous sens pour pousser aux fesses des fonctionnaires qui découvraient que se faire crier dessus par une femme, ça peut faire avancer les choses plus vite (non, non, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas pensé une seule seconde !).

Nous avions quitté Guéguette et Axelle en panne sur le port de Marseille. Problème réglé, ce n'était pas l'allumeur le coupable mais la bobine...

Véro tente de grimper à bord de la 203 de Michel. C'est pas gagné !

Moment de panique au matin. Phiphi ne retrouvait plus les clés de sa Mercos. Il croyait les avoir laissées dans la poche de son short. Le double posait problème pour ouvrir le coffre. Pas de problème, Didier arrive avec la potion magique, le WD40. Et la magie opère. Pour la petite histoire, la clé originale se trouvait dans la poche à bijoux de Coco. Elle y est arrivée « par inadvertance ». J'aimerais bien le connaître, celui-là !
Le bateau. C’est fait. Smir ? 45 misérables kilomètres pour arriver sur la Riviera marocaine, ses plages, ses ports emplis de yachts, ses gardiens, ses policiers à chaque coin de rue… Des policiers qui sont partout, d’ailleurs, armés de radars, ce qui explique que tout le monde roule au pas. Ils font partie du paysage et ils connaissent notre itinéraire, ce qui a permis à certains de retrouver leur chemin, alors qu’ils s’étaient trompés de route. Et, comme au bon vieux temps, le soir, l’un d’eux passe à l’hôtel récupérer la liste des arrivants pour s’assurer que tout le monde est bien là et que, le lendemain, nous nous rendons bien dans la ville prévue par le road-book. « Labesse ? » « Labesse ! »

Marie, Mary et Coco, les trois grâces ! Avec un "c", évidemment !

Agnès et Jean-Marc avec leur 203 qui cumule les rallyes Savane ! Elle en a vu des pays, celle-là !

Petite pause pour admirer la mer qu'on voit danser le long de ce golfe clair...
Smir ? Je vous l’ai expédié en deux temps, et trois mouvements. Passons donc au menu du jour. Copieux. Chefchaouen (de Chef, le regard et du berbère Chaouen, les deux monts), la perle bleue du Maroc. En passant par une magnifique petite route qui longe la mer un long moment, avant de plonger dans des gorges profondes et sinuer dans la montagne du Rif où on laboure encore de minuscules parcelles à l’araire en bois tirée par deux mulets et guidée par un seul homme. On y croise des femmes coiffées de chapeaux de paille à pompons multicolores, des cahutes isolées avec le four à l’extérieur, quatre planches et trois tôles ondulées pour protection, un banc fait de branches, une table improvisée, des gamins pieds nus qui courent pour nous saluer d’un petit geste de la main et d’un sourire intrigué. Loin, très loin du faste de la Riviera, comme un monde oublié qui vit à côté, pas avec.

C'est nouveau ! Le long des routes, on voit fleurir des marchands de café d'un nouveau genre, avec perco et tout et tout !

Et la voilà, cette mer Méditerranée...

Ça grimpe pour monter dans la vieille ville de Chefchaouen...
Et puis Chefchaouen qui dévoile ses splendeurs, ses maisons et ses escaliers peints à la chaux teintée de pigments bleus. On dit qu’après chaque pluie, les murs se délavent et pleurent dans les ruelles, qui se colorent de ce bleu qui coule des murs. Mais on voit surtout que les boutiques de souvenirs sont de plus en plus nombreuses chaque année qui passe, remplaçant les artisans, les maroquiniers ou tisserands qui, longtemps, ont fait la réputation de la ville. On y croise presque plus de Chinois que de locaux (je me suis laissé dire qu’ils rachetaient des restaurants et des boutiques, sans doute pour y vendre les souvenirs locaux produits désormais massivement en Chine. Tout fout le camp, ma pauvre dame. Mais j’y ai retrouvé le petit café où, il y a des années, nous prenions le café en discutant avec nos voisins qui voulaient à tout prix nous revendre du kieff. « Naturelle, de la montagne, chouffe, c’est de la bonne ». Nous ne nous y sommes pas arrêtés, la montée nous attendait.

No comment ! Juste le plaisir des yeux...




Sympa ! Le gardien du parking protège nos voitures du soleil !
Chefchaouen est une ville qui se livre au regard sans la moindre vergogne, mais cache ses plus grands trésors derrière les portes bleues ouvragées. Parfois s’y dévoilent des escaliers, des zelliges (mosaïques) de toute beauté, menant à des appartements d’où proviennent des rires et des conversations animées, loin de la foule qui piétine à leurs pieds. On pourrait y flâner des heures sans jamais être lassé, sinon par le bruit et ces milliers de touristes qui font au plus vite pour ne pas rater le bus qui doit venir les reprendre dans une heure à peine pour les parquer dans un restaurant où ils goûteront un tajine kefta aux œufs. Nous, nous avions le temps. Nous l’avons pris, sans doute un peu trop. Parce que nous ne sommes arrivés à Meknès qu’à la nuit tombée, épuisés par une route difficile, en très mauvais état, encombrée de camions peinant à monter les côtes tellement ils sont chargés, et de contrôles de police. Ces derniers sont plutôt cools pour nous, nous faisant signe de passer dès que nous pointons le museau de nos montures. À la condition de ne pas se faire prendre en excès de vitesse. Parmi nous, il en est qui sont ainsi venus grossir les poches du fisc marocain. Une manière comme une autre de participer à l’évolution du pays, « choukrane ».

Un problème Philou ? Boah, trois fois rien, la courroie pétée...

Et toi mon Bruno ? Boa, trois fois rien, une durit d'essence...
Tout ça pour vous expliquer le manque de compte-rendu les deux jours précédents. Ça et le wifi capricieux de notre hôtel à Meknès. Mais nous sommes au Maroc et, comme je le dis souvent, si nous avons la montre, ici, on le temps…