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J1 - Tétouan

Quelle drôle de journée ! Ça avait pourtant bien commencé. Le bateau avait trois heures d'avance sur l'horaire. Mer d'huile, pas de vent, des courants porteurs. Un pur bonheur. Ne restait plus qu'à patienter pour les formalités de police et de douane, toujours longues mais qui, du coup, étaient terminées à l'heure où le Majestic devait originellement accoster. Ce qui nous avait poussé à modifier notre trajet. Comme vous ne ne le savez peut-être pas, nous avions pris l'avion pour atterrir à Casablanca hier et récupérer au passage notre 4x4 de location, et nous avions prévu d'attendre le groupe à Tanger pour le guider ensuite vers une cantine locale que nous connaissons bien.

Le nouvel horaire d'arrivée nous a incité à tracer directement sur Tétouan pour tenter d'accueillir tout le monde. Sauf que passé Kénitra Nord, notre Pathfinder a commencé à trembloter de toutes ses jantes, avant de nous lâcher dans un beau fracas à exploser les oreilles d'un mammouth. Gros problème de transmission, et nous voilà coincés sur le bord de l'autoroute à attendre la dépanneuse qui, par chance, arrive dans l'heure et nous dépose sur l'aire d'autoroute suivante où nous avons convenu, avec notre loueur, qu'une nouvelle voiture de location allait nous rejoindre. Elle devait venir de Marrakech et il nous fallait prévoir quatre heures d'attente. Un moindre mal. Mais quand ça commence à branler dans le manche, plus rien ne peut stopper l'enchaînement de circonstances aggravantes. Car notre loueur, persuadé qu'il va pouvoir réparer (nous avons finalement diagnostiqué une casse de boîte transfert), a décidé d'envoyer deux mécanos et tout l'outillage pour réparer tandis que nous poursuivrons la route avec un autre 4x4. Dans la bagarre, il a perdu trois heures. Nous voilà donc bel et bien coincés dans une station-service d'autoroute. On a connu mieux... Et pourtant...

Après un petit café et un déjeuner plutôt bon et copieux, le personnel de la station a commencé à se poser des questions sur ces Français qui avaient l'air de vouloir taper l'incruste. Et Badr, l'assistant-gérant, est venu entamer la discussion avec nous. Un pur régal. Pendant plusieurs heures, nous avons parlé de religion pour tomber d'accord sur une idée qui devrait être reprise par tous ceux qui refusent de voir la vérité : les trois religions monothéistes qui se partagent le même Dieu sont trois versions des mêmes préceptes. Les Juifs représenteraient la version 1.0, les Chrétiens la 2.0 et l'Islam la 3.0. Libre ensuite à chacun de choisir celle qui lui convient le mieux. Balayé ce principe fédérateur, c'est autour du football et des chaussures des footeux que la discussion a dérivé (Badr est incollable sur la marque et le modèle des chaussures utilisées par les Neymar, Messi et autres Ronaldo). Avant de revenir à des considérations plus philosophiques autour du sourire et du respect de l'autre. Pendant ce temps, le personnel venait nous demander si nous avions besoin de quelque chose, nous offrait café et boissons, nous venait en aide pour recharger nos cartes téléphoniques marocaines (nous avions naïvement cru la publicité d'Orange à l'aéroport qui nous offrait une heure gratuite, oubliant de nous dire qu'une fois la puce mise en route, elle demandait à être rechargée une heure après !), le tout avec une gentillesse qui nous a grandement facilité l'attente. Pour tout dire, nous avons passé un agréable moment, inattendu mais tellement chaleureux que cette panne aura été vécue comme une jolie parenthèse. Nous y avons gagné un nouvel ami, Badr, avec qui, j'espère, nous continuerons à communiquer via Facebook, la nouvelle façon de se faire des relations (une sorte de version 2.0 des rencontres entre humains, à cette différence près que nous sommes devenus amis avant et que le réseau social ne sera là que pour entretenir et enrichir ce qui existe déjà, pas l'inverse, car rien ne remplace le contact physique).

Au final, nous avons attendu sept heures notre nouveau 4x4 pour rejoindre enfin Tétouan et les participants qui, eux, étaient arrivés bien avant nous, frais et dispos, déjà en pleine forme. Je vous laisse imaginer l'accueil que nous avons reçu car, de fait, nous avons été les premiers à finir sur le plateau.

Maroc Revival

Grand moment de solitude. « Allô, l'assistance ? On a pété la transmission ! »

Maroc Revival

40 minutes plus tard, le Pathfinder et ses passagers ont grimpé sur la dépanneuse.

Maroc Revival

Après tout, c'est peut-être une bonne idée de faire le rallye comme ça, pas vrai Daniel ?


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