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Etape 08 - Pamukkale / Bodrum

Nous avons frôlé le pire. Nous aurions dû nous en douter, ça devait être une journée affreuse, « parce que nous passons par Aphrodisias » a lancé un de nos Belges préférés. Un lieu grandiose, recouvert par la terre pendant des siècles avant de revoir la lumière du jour, somptueux. Au point que certains participants ont appelé cet endroit « Aphrodite », ce qui lui va très bien, la statue de la déesse étant encore là, reconstituée grâce à la coopération entre la France et la Turquie, chacun des deux pays ayant eu une des deux moitiés de son visage.
Mais reprenons le fil de notre histoire qui débute dès le matin, avant même le départ. Un deuxième signe qui n'aurait pas dû tromper : le manque de pot, ou le pas de pot, ou pot au trac ! L'échappement de la Ford Mustang de Pierre Balavoine a cassé. Il était soi-disant neuf lorsqu'il a acheté la voiture il y a quelques semaines. Vu son état de rouille, le neuf datait. Un troisième signe aurait dû définitivement nous inciter à craindre le pire : en regardant la voiture de Gérard Leclère, nous découvrons que ses deux pneumatiques avant sont usés jusqu'à la corde, au point qu'on en voit le fil. Ils sont prêts à exploser les bougre, mais ça n'a pas l'air de l'affoler et malgré nos multiples recommandations, il ne les a pas changés. Si ne le fait pas dès demain matin, nous aviserons, mais il n'est pas question qu'il continue comme ça.

Ces trois signes ont pourtant donné le ton. Et un quatrième est venu s'y ajouter, plus ténu celui-là, plus drôle aussi. Figurez-vous que Jacques Besnard, notre spécialiste Panhard patenté, a voulu revisiter l'histoire de sa marque préférée et tenté une expérience inédite : transformer le bicylindre Panhard en moteur Diesel. A sa décharge, le gasoil local s'appelle Motorin dans la plupart des cas, Eurodizel lorsqu'il existe la qualité supérieur et le Super porte un nom imprononçable. Au son de la voiture, le pompiste ne s'est même pas posé la question : il était évident que ça faisait un bruit de moteur Diesel ! Il ne s'est douté de la méprise, notre Jacques national, que quelques centaines de mètres plus loin, lorsque le moteur a fait la moue avant de recracher ses poumons, toussotant à la manière d'un tuberculeux en pleine crise. Il est cependant parvenu à retourner à la station pour vidanger, avec l'aide de Martial, et refaire le plein avec du Super. Et repartir comme si de rien n'était.

Tout ça, alors même que la journée commençait à peine. Je vous passe les multiples signes présents sur le bord de la route, les marchands de pneumatiques, les électriciens autos,... Je vous passe la visite d'Aphrodisias, les photos parlant d'elles-même pour passer à l'essentiel. L'explosion du pneumatique de la Mercos de Philippe, heureusement en pleine ligne droite. Ce qui l'a conduit à changer ses quatre vieilles gommes, à peu de choses près de l'âge de la voiture, ce qui, il est vrai, n'est pas très sérieux. Mais il n'en pas eu fini, car quelques dizaines de kilomètres plus loin, des étincelles et de petites flammes ont commencé à lécher les pieds de Martine. La voiture prenait feu. Ou, plus exactement, le faisceau électrique. Sans oublier une dynamo qui demandait finalement grâce, la tension d'une courroie retendue tous les jours en ayant raison. Bonjour les émotions fortes ! La voiture a donc terminé sur le deuxième plateau, en espérant que nous puissions la réparer demain.

Car autrement, comment ferons-nous avec la Volvo des Santorin qui a connu quelques soucis électriques dans la matinée, réglés par Uwe, avant d'échouer chez un concessionnaire Volvo à Mugla. « J'avais juste l'intention d'acheter des bougies, explique Thierry. Mais les gars étaient tellement enthousiastes à l'idée de voir à quoi ressemblait une vieille Volvo qu'ils m'ont proposé de les changer eux-mêmes. » Grosse erreur. Une opération qui ne prend d'habitude que cinq à dix minutes a duré deux bonnes heures. Et lorsque les mécanos sont revenus, ils étaient penauds, disant que la voiture chauffait, qu'il allait falloir rentrer doucement, que que que... Une catastrophe. Il a fallu remettre les anciennes bougies pour simplement redémarrer et Thierry est malgré tout parvenu à repartir. Pour s'apercevoir que la batterie s'était vidée. Plus de charge alors que la nuit tombait. Il a cependant réussi à trouver une batterie neuve et à rallier l'arrivée. Il y aura donc du boulot pour l'assistance demain matin.

Une bonne nouvelle malgré tout, la Cox des de Muleanere tourne désormais comme une horloge. Et personne n'a pris de PV, même si nous avons fait de jolies rencontres avec les forces de l'ordre, notre Guéguette nationale (dont c'était l'anniversaire) ayant expliqué à des Jandarma comment il fallait arrêter une voiture française, les Fontaine n'ayant pas obtempéré à ce qu'ils ont pris pour un salut amical. Ce qui a donné lieu à une gestuelle exceptionnelle et à des échanges qui ne l'ont pas été moins... Nous avons donc frôlé le pire, mais l journée se termine bien, et dans la bonne humeur. C'est l'essentiel...

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